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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 09:28

Chaque pas est une séquence, Eric Dubois, éditions Unicité, 2016

 

 

Comme l'indique le titre le lecteur commence sa marche, véritable topos en poésie, dès l'incipit qui présente " l'arpenteur du silence ".  Par la suite, le mouvement encore sert de cadre.

 

Chaque mot ici est pesé quand la concision est de mise entre les blancs obligés de la mémoire et de la page.

Au critique de chercher sous les mots la voix comme le poète le fait pour sa voie.

 

Restent, dans ce qui est donné, la beauté des images : " le sourire ( mot à la fois récurrent et rassurant ) des arbres " ou " le sexe du ciel " tout autant que l'affirmation d'une réalité prégnante  : " l'insecte dans la bouche " alternant avec des formules à teneur philosophique qui font choc : " le bord des choses est au cœur de l'instant ".

 

Dans cet ensemble, parataxe et juxtaposition sont au service d'assertions et d'interrogations qui nient l'aphasie complète, acceptant  l'audace anxieuse des mots, tout en parlant encore de " morcellement " sans récit et de " chanson immobile ".

 

Grâce à cette " recherche de sens " aboutit une forme de quête spirituelle : " Un dieu qui revient de loin " et se forge une confiance à la fois en soi et en la parole poétique qui n'empêchent pas de faire, malgré tout, " attention " :

 

" Nous sommes les enfants de la mémoire

  

  Les mots désignent le temps "

 

De plus " l'écriture doit profaner le réel "et le poète lui-même prendre les risques nécessaires car " le ventre a faim / il dit tout ". Avec l'aide, entre autres, de credo comme l'étonnant : " C'est le prénom de Dieu " et dans l'énoncé d'oxymores : " ponctuation du silence ".

 

Avec l'aide aussi des autres et en particulier de leurs mains. Ainsi pourront se faire les cicatrices dans la libération des mots et à l'occasion d'un repas symbolique évoqué par une superbe métaphore.

 

Jusqu'au terme de l'opus le rôle des mots est décrit comme essentiel. Un véritable ferment au milieu du " jeu collectif du monde ". Il rend à l'homme sa dignité dans le chant du monde puisque " le mot est debout "et lui permet de prendre un départ.

 

Le poète, pour finir, devra marcher en fixant l'étoile. Car " Seule compte la trajectoire / Et seule la direction que tu décides ".

 

Après une lecture si édifiante le lecteur avisé ne peut qu'attendre impatiemment la sortie du prochain recueil d'Eric Dubois.

 

 

                                                                             France Burghelle Rey © ( août 2016 )

 

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  • : "J'émerveille" a dit Apollinaire. Un blog qui veut honorer la poésie et transmettre la joie qui s'attache à la création littéraire. La lecture et l'analyse des œuvres sont un passage obligé vers l'écriture personnelle. De nombreux articles témoignent ici de cette expérience personnelle.
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